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Pourquoi l'humain reste la clé dans le processus invoice-to-cash

Avec le POMcast, POM lance une nouvelle série de podcasts consacrés aux dix commandements de POM : dix principes qui aident les organisations à aborder leur processus invoice-to-cash avec plus de sérénité. Chaque épisode se concentre sur un commandement et les animateurs Benoît Craenenbrouck et Stijn Loosveld s'entretiennent avec un expert du terrain. Pour ce premier épisode, ils accueillent Luc Verstraete, fondateur de CreditPeople et spécialiste du credit management depuis plus de trente ans.

Ensemble, ils explorent ce qui est sans doute le commandement le plus essentiel de tous :

« Tu ne perdras jamais de vue l’aspect humain. »

Un thème pertinent à une époque où les organisations investissent massivement dans la numérisation, l'automatisation et l'intelligence artificielle. Si la technologie rend les processus plus rapides et plus efficaces, elle soulève une question essentielle : comment éviter que les clients ne se sentent réduits à un simple numéro ?

Au cours de cet entretien, Luc partage sa vision de l'empathie dans la gestion du crédit, des différences générationnelles en matière de communication, de l'impact de l'automatisation et des opportunités offertes par l'IA pour une approche plus personnalisée. Le fil conducteur de l'épisode est clair : derrière chaque facture se cache un être humain.

C'est précisément pour cette raison que l'humanité, même dans un monde de plus en plus numérique, reste un facteur clé de réussite pour un processus invoice-to-cash performant.

Derrière une facture impayée se cache souvent une histoire

Selon Luc, la gestion du crédit part encore trop souvent du principe qu'un retard de paiement est le résultat d'une mauvaise volonté. En réalité, la situation est souvent beaucoup plus nuancée.

Les clients oublient une facture, commettent une erreur administrative ou sont confrontés à des circonstances qui impactent leur situation financière. Il peut s'agir d'une maladie, d'un chômage temporaire ou encore de dépenses imprévues. Des situations que personne ne choisit délibérément, mais qui peuvent influencer le comportement de paiement.

« Nous restons avant tout des êtres humains. Nous oublions des choses. Nous sommes parfois négligents. Nous rencontrons parfois des imprévus que nous n'avons pas choisis. »

Cela ne signifie pas pour autant que les organisations doivent laisser passer les mauvais payeurs. Mais faire preuve de compréhension est souvent une meilleure première étape que d'exercer une pression immédiate. Chercher à comprendre la cause d'un retard de paiement permet d'ouvrir la voie à une solution constructive tout en préservant la relation client.

À cet égard, Luc fait une distinction importante entre les clients qui ne peuvent pas payer et ceux qui ne veulent pas payer. Ce sont deux situations fondamentalement différentes qui exigent des approches distinctes.

Pourquoi l'approche uniforme ne fonctionne plus

Un deuxième thème majeur de cet épisode concerne la manière dont les entreprises communiquent aujourd'hui avec leurs clients au sujet des factures en attente.

Alors qu'auparavant les organisations pouvaient se reposer sur un processus standard pour tous les clients, ces derniers attendent aujourd'hui une approche mieux adaptée à leur situation personnelle et à leurs préférences.

Cette évolution est renforcée par la coexistence de plusieurs générations sur le marché du travail et dans la société. Chaque génération a son propre style de communication, ses attentes et ses sensibilités. Les jeunes générations, par exemple, interagissent différemment avec l'information et les stimuli numériques que les générations plus âgées. Cela a également un impact sur la manière dont les organisations abordent leurs clients.

Selon Luc, l'évolution au sein de la gestion du crédit est donc claire :

« Nous avons commencé avec une approche uniforme de la gestion du crédit. Ensuite, nous avons segmenté, puis personnalisé, et aujourd'hui, nous évoluons de plus en plus vers l'hyper-personnalisation. »

Pour les organisations, cela signifie qu'elles doivent réfléchir de manière plus consciente au message qu'elles envoient, par quel canal et à quel moment. Ce qui fonctionne pour un client ne fonctionne pas nécessairement pour un autre.

Une approche personnalisée améliore non seulement l'expérience client, mais augmente également les chances que la communication soit effectivement lue, comprise et suivie d'effet.

L'automatisation doit renforcer le contact humain

L'automatisation est devenue incontournable dans le processus invoice-to-cash. Pourtant, selon Luc, elle est encore trop souvent perçue sous le seul angle de l'efficacité ou des économies. Cela donne parfois l'impression que l'automatisation et l'humain sont incompatibles.

Pour lui, c'est tout le contraire.

« Automatiser signifie standardiser ce qui peut l'être, ce qui libère du temps et de l'espace pour le contact humain. »

En automatisant les tâches répétitives, les collaborateurs disposent de plus de temps pour les situations où l'interaction humaine fait réellement la différence. Il peut s'agir de clients ayant des questions sur une facture, de clients rencontrant des difficultés temporaires ou de situations où le dossier risque de se compliquer en raison de malentendus ou d'informations manquantes.

L'intervention humaine ne doit pas être considérée comme un échec de l'automatisation, mais comme un élément essentiel d'un processus bien conçu.

Le défi pour les organisations consiste à trouver le juste équilibre entre efficacité et attention personnelle.

La plupart des gens veulent payer

Au cours de l'entretien, Luc fait référence au best-seller Humanité : Une histoire optimiste de Rutger Bregman. Selon lui, cette idée correspond parfaitement à la manière dont les organisations devraient considérer leurs débiteurs. La majorité des clients ont en effet réellement l'intention de payer. C'est simplement qu'un grain de sable vient parfois enrayer la machine.

Cette prise de conscience a des conséquences majeures sur la façon dont les organisations structurent leurs processus de gestion du crédit. Lorsqu'un client ne paie pas, il est essentiel de comprendre d'abord la cause. S'agit-il d'une difficulté passagère ? D'une erreur administrative ? D'un malentendu ? Ou s'agit-il réellement d'une fraude ?

Selon Luc, les organisations doivent faire une distinction beaucoup plus consciente entre ces situations. Celui qui ne peut pas payer a besoin d'accompagnement, de communication et de compréhension. Celui qui n'a jamais eu l'intention de payer nécessite une approche totalement différente.

En traitant ces deux groupes de la même manière, les organisations risquent de passer à côté d'opportunités d'améliorer à la fois leurs relations clients et leurs résultats de paiement.

L'IA offre des opportunités pour une approche plus personnelle

Alors que l'IA est souvent associée à l'automatisation et à la montée en puissance, Luc y voit surtout des possibilités de rendre la communication plus personnelle et plus pertinente.

L'IA peut aider les organisations à identifier plus rapidement des modèles, à détecter les risques et à mieux répondre aux situations individuelles. Il devient ainsi possible d'adapter encore mieux la communication aux besoins des clients.

Il met toutefois en garde contre une confiance aveugle dans la technologie. Les modèles d'IA ne sont en effet performants que grâce aux données sur lesquelles ils ont été entraînés. Des hypothèses erronées ou des biais dans les jeux de données peuvent conduire à de mauvaises décisions ou à des discriminations involontaires.

Le message est donc clair : la technologie offre d'immenses opportunités, mais le contrôle humain et le bon sens restent indispensables. L'IA ne doit pas remplacer l'expertise humaine, mais servir d'outil pour soutenir les collaborateurs dans leur travail.

Pourquoi l'empathie est plus rentable que la pression

Selon Luc, l'importance de l'empathie est encore trop souvent sous-estimée dans la gestion du crédit. Lorsque les clients se sentent écoutés et compris, ils sont plus enclins à engager le dialogue et à chercher des solutions ensemble. Cela conduit non seulement à une meilleure expérience client, mais souvent aussi à de meilleurs résultats.

Lorsqu'un client a plusieurs factures en attente, une approche empathique peut même déterminer quel fournisseur sera payé en priorité.

L'empathie ne doit pas se faire au détriment de la clarté ou de la fermeté. Au contraire, une approche humaine peut parfaitement s'intégrer dans un processus de suivi professionnel et structuré.

La technologie soutient, l'humain fait la différence

La conclusion majeure de ce premier épisode du POMcast est sans doute que le succès des processus « invoice-to-cash » ne repose jamais uniquement sur la technologie, les processus ou les KPI. L'impact le plus significatif survient lorsque les organisations parviennent à trouver le juste équilibre entre les personnes, les processus et la technologie.

Automatisez là où c'est possible. Personnalisez là où c'est nécessaire. Et ne perdez jamais de vue l'humain derrière la facture.

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🎙️ Vous souhaitez découvrir l'intégralité de l'entretien avec Luc Verstraete ?

Écoutez le premier épisode du POMcast (en néerlandais) sur YouTube, Spotify ou Apple Podcasts.

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